Test SDMA félin : un outil important pour l'évaluation précoce de la santé rénale chez le chat
Jul 09, 2026
La maladie rénale chronique est très fréquente chez les chats d’âge moyen et senior, et elle évolue souvent sans signes précoces évidents. Au moment où les propriétaires remarquent une augmentation de la consommation d’alcool, une perte de poids ou une diminution de l’appétit, une quantité considérable de fonction rénale peut déjà être perdue.
La SDMA (diméthylarginine symétrique) est une petite molécule générée lors du métabolisme des protéines et éliminée principalement par filtration glomérulaire. Contrairement à la créatinine, qui reste généralement dans les limites normales jusqu'à ce qu'environ 75 % de la fonction rénale soit perdue, les concentrations de SDMA commencent à augmenter dès que l'efficacité de la filtration commence à décliner. Cela en fait un marqueur plus sensible des modifications rénales précoces.
Deux brefs cas illustrent ce point. Une femelle domestique à poil court stérilisée de 11 ans s'est présentée pour un contrôle annuel de routine sans aucune préoccupation du propriétaire. La biochimie de routine a montré la créatinine et le BUN dans les plages de référence, mais la SDMA était légèrement élevée à 16 µg/dL (limite de référence supérieure 14 µg/dL). Une enquête plus approfondie a révélé une légère protéinurie et une tension artérielle systolique de 155 mmHg. Un régime de soutien rénal a été instauré. Après trois mois de suivi, la SDMA avait diminué à 14 µg/dL, la protéinurie s'était améliorée, la tension artérielle s'était stabilisée et le chat avait maintenu son poids corporel et son activité normale.
Dans un deuxième cas, un Persan mâle castré de 14 ans présentant une hyperthyroïdie stable sous méthimazole a présenté une polyurie et une perte de poids de 200 g sur quatre mois. Les analyses de sang ont montré une créatinine de 2,2 mg/dL, un BUN de 36 mg/dL et un SDMA de 22 µg/dL, avec une densité urinaire spécifique de 1,020 et une pression artérielle systolique de 160 mmHg. Le chat a été mis sous régime rénal et à faible dose d'amlodipine, tandis que le dosage de méthimazole a été étroitement surveillé. Au bout de trois mois, la SDMA était tombée à 17 µg/dL, la créatinine à 1,9 mg/dL, la densité urinaire s'était améliorée à 1,028 et la pression artérielle était normalisée. Le poids s'est stabilisé et la consommation d'alcool est revenue à la valeur de base.
Dans les deux cas, la SDMA a fourni une indication plus précoce de dysfonctionnement rénal que les marqueurs traditionnels seuls, permettant des ajustements alimentaires ou pharmacologiques avant que des changements plus avancés ne surviennent.
Cela dit, la SDMA ne doit pas être interprétée de manière isolée. Il est particulièrement utile lorsqu'il est associé à une analyse d'urine, à une mesure de la pression artérielle et à des antécédents cliniques. Des élévations transitoires peuvent survenir en cas de déshydratation, ce qui n'indique pas nécessairement une maladie rénale intrinsèque. Pour les chats âgés, ceux atteints de polydipsie ou de polyurie et les patients sous traitement médicamenteux à long terme, la mesure périodique de la SDMA offre un moyen pratique de surveiller l'état rénal. Une reconnaissance plus précoce ne garantit pas une guérison, mais elle peut permettre de gagner du temps supplémentaire pour intervenir et contribuer à préserver la qualité de vie.







